La motricité dans l’approche Montessori

La motricité dans l’approche Montessori

Parler de Montessori ne peut se faire sans parler de la motricité fine. Maria Montessori avait bien défini la motricité et avait tellement saisi le lien entre le mouvement de la main et le cerveau : « C’est par la main que se forme l’esprit. »

Pourtant, la motricité fine n’est pas la seule a être travaillée dans les écoles Montessori. Elle est même précédée par la motricité globale, que l’on oublie souvent, mais que Maria Montessori avait pourtant bien mise en avant.

On sait combien le mouvement est important dans les apprentissages des touts-petits. Un bébé montessorien évolue dans un environnement sans entrave. Il est libre de ses mouvements. Il ne dort pas dans un lit à barreau mais sur un petit matelas posé au sol. Il n’est pas mis dans un parc mais est souvent au sol pour pouvoir évoluer librement.

Emmi Pikler en lien avec la motricité dans l’approche Montessori

Contemporaine de Maria Montessori, Emmi Pikler, en Hongrie, observe le nourrisson avec un regard nouveau et nous interpelle sur son potentiel incroyable.

Elle propose de laisser le tout petit évoluer le plus spontanément possible pour qu’il acquiert la maîtrise de son corps.

Observation de l’enfant, ordre, matériel choisi, bienveillance, confiance dans l’enfant… Autant de maîtres mots qui raisonnent autant dans la pédagogie Pikler que dans la pédagogie Montessori.

Ces deux femmes ont révolutionné notre regard sur l’enfant. En travaillant auprès des plus défavorisés, elles ont prouvé l’efficacité de leur méthode pour tous.

L’importance de la motricité libre

Si aujourd’hui, beaucoup de parents et de professionnels ont conscience de l’importance de la motricité libre chez le tout-petit, un grand nombre oublie qu’elle est tout autant vitale pour l’enfant qui grandit.

Rapidement, on exige que les enfants passent de longues heures assis à une chaise, se contentant de 20 minutes de pause dans un endroit clos et souvent bétonné.

Effectivement, vers 3 ans, les enfants marchent correctement, courent, sautent, dansent, rampent… On leur propose encore quelques parcours de motricité sur des temps définis durant les premières années d’école puis des temps de «sport ». Mais bien souvent, cela s’arrête à ce stade.

Le besoin de bouger est un besoin naturel chez l’enfant. Bien plus, on sait aujourd’hui que le mouvement est le moteur de tout développement. Il permet de stimuler les interconnexions dans le cerveau de l’enfant. Même en grandissant, l’enfant a besoin de ce mouvement.

L’organisation mondiale de la santé recommande aux enfants et aux jeunes de pratiquer au moins 60 minutes quotidiennes d’activité physique d’intensité modérée à forte quotidiennement, et de ne pas rester immobile plus de 60 minutes d’affilée.

C’est un minimum.

Où en sommes-nous pour nos enfants ?

Dans une classe Montessori, l’enfant est libre de ses mouvements. Il peut travailler dans la position qu’il souhaite, passer d’une table à un tapis au sol. Le mouvement est lié à l’apprentissage.

Grâce à cette spontanéité, les enfants apprennent à se déplacer sans bruit, sans gêner les autres.

Dès les premiers jours d’école, le petit enfant apprend à s’asseoir à une table, à déplacer une chaise, à rouler et dérouler un tapis, à porter un plateau, à se déplacer dans la classe.

Il faut beaucoup de concentration et de maîtrise de soi pour porter un plateau contenant un pichet d’eau lorsque l’on a 3 ou 4 ans. C’est en maîtrisant sa motricité globale que l’enfant va pouvoir acquérir plus de maîtrise et exceller dans la motricité fine.

Dans nos écoles Montessori Athéna, il y a bien un cadre et les personnes extérieures sont souvent surprises du calme et de l’ordre qui règnent dans les classes. Mais l’enfant reste libre.

Dans les écoles Montessori Athéna, nous prévoyons aussi la possibilité pour les enfants d’avoir accès à un espace extérieur où le mouvement libre est favorisé grâce à des aménagements appropriés.

Il est important que les adultes prennent conscience qu’un enfant qui bouge est un enfant en bonne santé. Chaque enfant devrait pouvoir passer plusieurs heures en mouvement chaque jour, si possible en extérieur.

Nul besoin de nombreux trampolines, toboggans ou autres infrastructures pour les occuper. La nature suffit… Des arbres à escalader, une cabane à construire, de l’espace pour courir…

Nous n’avons pas tous la chance d’avoir un jardin. Mais soyons vigilants à ce que chaque jour, nos enfants arrivent à se dépenser. Cela fait partie de leur bonne construction.

Un temps en extérieur chaque jour, au moins une grande ballade en forêt ou en campagne chaque semaine, et vous verrez vos enfants s’épanouir !

Sylvie d’Esclaibes

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