La Chine Antique – La soie et la Chine

La soie et la Chine

Dans le cadre de la série sur le Chine Antique, nous vous proposons un autre épisode : la soie et la Chine.

Il fait suite aux deux épisodes précédents :

La soie a joué un rôle important dans l’histoire de la Chine. Elle fait intégralement partie de sa culture, et a conduit la Chine à s’ouvrir au monde.

De la sériciculture à la fabrication de vêtements

Comme beaucoup d’évènements en Chine, de nombreuses légendes existent autour de la soie. Je ne peux que vous recommander le merveilleux livre « La grande montagne des contes chinois« , aux éditions Rue du monde.

En lisant Brisure-de-Vent ou encore La princesse de la soie, votre enfant sera plongé dans cet univers merveilleux, transporté par les très belles illustrations.

La légende la plus célèbre raconte qu’alors qu’elle buvait son thé à l’ombre d’un mûrier, un cocon serait tombé dans la tasse de la femme de l’Empereur Jaune. En l’examinant, elle a découvert que si elle tirait sur le fil, le cocon se déroulait en une fine fibre.

La soie était née !

Un cocon pouvant donner mille mètres de fil, les chinois ont vite compris qu’ils pouvaient s’en faire des vêtements !

Vous pouvez aborder avec votre enfant les quatre étapes de la production de la soie :

  • La sériciculture : qui comprend la récolte des feuilles de mûriers et l’élevage des vers à soie
  • L’apprêt des fils
  • Le tissage

Il pourra être très intéressant en parallèle de cette étude de travailler sur le papillon et son cycle de vie. En effet, vous allez être amené à parler du bombyx du mûrier, de la chenille, du cocon…

Parler de la soie pourra aussi être l’occasion d’aborder avec votre enfant la place fondamentale qu’a occupé la femme chinoise dans cette discipline. C’était aux femmes que revenait la tâche d’élever les vers à soie ainsi que de faire pousser les mûriers, de récolter les cocons, de les dévider, de préparer les fils et de les tisser…

Pour que votre enfant comprenne bien le processus de fabrication de la soie, vous pouvez trouver des ouvrages ou visionner des documentaires sur ce sujet.

Le contexte sanitaire ne permet pas grand-chose aujourd’hui mais vous pouvez envisager dans les prochains mois une visite d’un élevage de vers à soie. Plus que tous les livres et les documentaires, une véritable visite où votre enfant pourra voir, toucher et poser toutes ses questions sera extrêmement riche ! Je vous recommande ainsi cette adresse dans le Loir et Cher :

La soie s’est vite révélée être l’une des meilleures matières pour l’habillement. Elle était un symbole de richesse. Les empereurs portés des vêtements en soie, tandis que cela était interdit aux gens du peuple.

Pour que votre enfant se familiarise avec la soie, vous pouvez lui proposer une activité de peinture sur soie. La peinture sur soie est loin d’être une activité aisée. Selon l’âge de votre enfant, vous trouverez des kits tout prêt, où l’enfant pourra peindre selon les explications, où vous pourrez acheter un coupon de soie, de la peinture et de la gutta pour que votre enfant trace seul son motif. Dans ce cas, il faudra bien vérifier que la gutta a bien été appliquée pour éviter des fuites qui gâcheraient l’ouvrage (test à l’eau).

Si votre enfant est plus jeune et a plus de mal avec la motricité fine, vous pouvez lui proposer de peindre uniformément une étoffe de soie avec de la peinture sur soie et y déposer du gros sel tant que la peinture n’est pas sèche. Cela donnera un très beau rendu.

Vous pouvez aussi préparer différentes étoffes : de la soie, du coton, de la laine… Montrez ces étoffes à votre enfant et laissez le les toucher.

Ensuite, en fermant les yeux ou en mettant un foulard sur ces yeux, il pourra s’entraîner à reconnaître la matière des différentes étoffes.

La route de la soie

« De toutes les merveilles que les marchands rapportaient d’Asie, la soie était la plus recherchée. Elle donna même son nom à cette route mythique qui allait de la Chine jusqu’en Italie. Le secret de fabrication de ce tissu précieux fut gardé jalousement par les Chinois jusqu’au 5e siècle ».

Ainsi commence le très beau conte de la princesse de la soie, évoqué ci-dessus.

Il donne bien le ton.

La soie reste peut-être la plus grande contribution de la Chine à la civilisation mondiale. Froide en été, chaude en hiver, très résistante, soyeuse, facile à teindre… De nombreuses puissances étrangères convoitaient sa production. Mais les chinois, grâce à des contrôles très strictes aux frontières, ont su préserver pendant des siècles leur secret. Il fallait payer très cher pour acheter de la soie, et cette dernière effectuait un voyage immense avant d’arriver aux bords de la méditerranée.

La route de la soie est fameuse. Elle a permis la circulation de la soie, mais bien plus encore. C’est par cette route qu’ont circulé de nombreux objets, de nombreuses personnes, permettant un échange culturel intense.

Pour parler de la route de la soie, vous pouvez tout d’abord reprendre la maquette de la Chine, réalisée au début de l’étude, pour voir avec votre enfant d’où partait la soie, et où était les frontières et les points de contrôle (départ de Chang’an et contournement des deux côté du désert de Taklamakan).

Vous pouvez ensuite prendre une mappemonde ou le globe coloré Montessori si vous l’avez, le recouvrir de film alimentaire transparent pour vous permettre d’écrire dessus sans l’endommager, rechercher l’Italie, la mer Méditerranée et matérialiser la route avec un marqueur.

Vous pourrez parler aussi des différents itinéraires et les tracer de différentes couleurs : la route du désert, qui contournait le Taklamakan, la route des steppes, qui traverse la montagne et arrive à Constantinople, la route de la méditerranée et enfin la route maritime.

Ensuite, en fonction de l’intérêt de votre enfant, vous pouvez lire des ouvrages sur le sujet et fabriquer un carnet de voyage dans lequel votre enfant pourra réaliser une carte de la route, indiquer les personnages qui ont eu une importance dans l’ouverture de cette route, parler de ces fameuses caravanes qui ressemblaient à des routes en marche et parler des échanges culturels que cette route a rendu possible.

Ainsi, vous pourrez parler d’Alexandre le Grand, et votre enfant fera forcément des liens avec l’histoire de l’Egypte antique, mais aussi bien sûr de Zhang Qian qui a vraiment ouvert la route avec son histoire incroyable à la recherche des « chevaux célestes », de Gengis Khan et Kubilaï Khan, qui vous permettront d’aborder l’Empire mongol et son importance considérable…

Les enfants se passionnent souvent pour l’Histoire si elle leur est présentée vraiment comme une histoire, ce qu’elle est, et s’ils arrivent à s’y projeter. Grâce à cette étude, échappez vous vraiment avec votre enfant dans la Chine Antique et ses alentours, à travers les livres, la réalisation de maquettes et tous les jeux libres qui suivront, votre enfant pourra vraiment avoir l’impression de revivre la traversée de cette route, les déserts arides, les monts escarpés, l’embarcation dans des bateaux pour des mois entiers…

Le très bel ouvrage Les grandes routes, aux éditions du Seuil, de Annick de Giry et Merlin, vous fera vraiment entrer dans cet univers.

Il permettra aussi de terminer cette étude sur la Chine avec son ouverture, grâce à cette route, aux autres civilisations. Votre enfant, après la lecture du chapitre sur la route de la soie, aura sans doute envie de poursuivre la lecture des autres routes fameuse. La curiosité et l’envie d’apprendre seront au rendez-vous ! L’occasion d’aborder une mine de thèmes en fonction de l’intérêt de vos enfants : les grands navigateurs et la vie à bord des bateaux au fil des siècles, la circulation des idées et des religions dans l’Antiquité, la découverte d’autres civilisations, notamment asiatiques… Votre enfant pourra aussi commencer à faire des liens entre les différentes civilisations (d’où l’importance de bien laisser à sa disposition une frise historique ainsi qu’une carte du monde).

Sylvie d’Esclaibes

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