Apprenez à lire à votre enfant avant 6 ans : quelques règles à suivre…

Un article qui connaît un très grand succès !

Cet article sur l’apprentissage de la lecture a connu un vif succès depuis la création de ce blog. Ceci prouve bien qu’il est essentiel d’apprendre à lire à son enfant avant le CP.

C’est devant cette absolue nécessité que j’ai été très heureuse d’être l’auteur de plusieurs cahiers d’activités  des « Petits Montessori » parus chez La Librairie des Ecoles. En effet ces petits guides sont une aide précieuse pour les parents et aussi les professeurs des écoles qui souhaitent accompagner leur enfant dans cet apprentissage au moment de la période sensible de l’enfant c’est-à-dire entre 2 ans 1/2 et 6 ans.

Lisez cet article, procurez vous les « petits Montessori » en cliquant sur les liens :
– J’écoute les sons
– Je trace les lettres
– J’associe les lettres aux sons
– Je lis mes premiers mots

Je lis des mots longs

Vous pouvez aussi trouver une compilation mais je la conseille plutôt en révision qu’en apprentissage : Ma méthode pour apprendre à lire

Et accompagnez votre enfant dans ce formidable apprentissage qui va lui donner beaucoup de bonheur :

Lire avant 6 ans.

C’est vraiment avant 6 ans que votre enfant va traverser la période sensible de la lecture, période où son esprit absorbant aura toutes les facilités pour cet apprentissage, avec pour résultat des acquisitions  très durables.

Malgré les récentes études qui montrent que le pourcentage d’enfants ne sachant pas lire en fin du cycle primaire est de plus en plus élevé, les programmes de l’Education Nationale continuent à s’obstiner sur le fait qu’il ne faut pas apprendre à lire aux enfants avant le CP, ceci alors qu’il est reconnu que le jeune enfant traverse la période sensible de la lecture vers 4 ans et parfois avant ! A cet âge là, l’enfant apprend en effet à lire avec une grande facilité, il a beaucoup plus de temps pour le faire – deux années supplémentaires – et peut le faire dans le plaisir et sans aucun stress.

Ainsi, je reste convaincue que les enfants auraient un bien meilleur niveau de lecture en fin de primaire s’ils apprenaient à lire dès la maternelle. C’est ce que j’ai toujours constaté dans mon école où les enfants apprennent à lire simultanément dans deux langues (français et anglais) avec parfois une très grande facilité dès leur plus jeune âge (parfois trois ans).

De plus, dans les écoles traditionnelles, l’institutrice de CP fait apprendre les lettres en leçons collectives, tous en même temps, selon le même rythme et avec la même méthode de mémorisation. On ne se préoccupe pas du fait que les intelligences sont multiples, les enfants tous différents, certains plus auditifs, d’autres plus visuels, d’autres qui ont besoin de toucher pour bien mémoriser… De même l’enfant plus lent ou l’enfant dyslexique doit suivre et progresser à la même vitesse que les autres, se retrouvant très vite en retard, puis en échec au fur et à mesure que les leçons défilent.

Chacun sa façon d’apprendre.

L’apprentissage de la lecture devrait absolument être individuel. C’est en effet un apprentissage essentiel qui conditionne tout l’avenir scolaire de l’enfant. De plus, cet apprentissage suscite le développement de beaucoup de fonctions chez l’enfant : les différents types de mémoire, la vue, l’ouïe, le toucher, la concentration, fonctions dont les qualités peuvent être tellement différentes d’un enfant a l’autre.

Celui qui lit mal – ou ne comprend pas bien ce qu’il lit – ne pourra jamais étudier correctement. Si cet apprentissage débutait en maternelle vers 4 ans, cela laisserait le temps à chaque enfant de bien apprendre à son rythme et de manière individuelle. De plus, les instituteurs pourraient utiliser de nouvelles méthodes syllabiques qui donnent de très bons résultats comme  par exemple la méthode des alphas.

Puisque les penseurs de l’Education Nationale en ont décidé autrement, pourquoi faire culpabiliser les parents ou les empêcher de répondre à cette soif d’apprendre à lire qu’éprouvent tous les jeunes enfants ? Interdit-on aux parents d’apprendre à nager à leurs enfants parce qu’ils ne sont pas moniteurs de natation ? Interdit-on aux parents d’apprendre à faire du vélo à leurs enfants parce que ce n’est pas le bon âge ? Leur interdit-on de proposer à leurs enfants l’apprentissage d’un instrument de musique ?

Eviter l’échec scolaire.

Donc je maintiens : « apprenez à vos enfants à lire très jeunes si vous en avez envie ! »

Faites-le cependant en respectant quelques conseils essentiels :

En effet, cette année encore, lorsque j’ai abordé l’apprentissage de la lecture avec certains petits élèves, j’ai rencontré quelques problèmes avec ces enfants dont les parents avaient voulu bien faire.

Le plus important est d’enseigner le son de la lettre et non son nom dans l’alphabet.

Je vous explique : pour  le « c », par exemple, si vous apprenez à votre enfant que c’est un « sé », lorsqu’il rencontrera la syllabe « ca » il la lira systématiquement « sa » ou même « séa » et n’arrivera donc pas à lire correctement. La même chose avec la lettre « g »: dites-lui que c’est un « gue », cela sera d’une aide considérable pour l’enfant.

Aussi pour le « z », dites-lui que c’est un « zzzz » et non un « zèd ». Pour le « v » par exemple, si vous lui apprenez que c’est un « vé », lorsqu’il devra écrire le mot « vélo », il l’écrira « vlo ». Autre exemple, si vous lui enseignez « bé » pour le « b », lorsqu’il lira la syllabe « ba », il lira « béa » et les mots ne voudront rien dire.

le « l » comme livre.

Surtout évitez également que votre enfant ne fasse de la lecture globale – c’est-à-dire qu’il apprenne les mots entiers sans les décomposer – car il sera vite bloqué dans sa progression, notamment lorsqu’il rencontrera des mots qu’il ne connait pas, qu’il ne pourra pas deviner et donc pas lire.

Un enfant qui a pris cette habitude de deviner aura ensuite beaucoup de mal a utiliser une autre méthode car cela devient très vite un réflexe.

Autre lettre pour laquelle il faut faire attention, c’est le « e »… Dites-lui plutôt qu’il a souvent le son « é » car, dans les débuts de la lecture, on le rencontre davantage avec un accent ou devant une double consonne comme dans « elle » ou « ette ». Sinon, le son « e » est souvent à la fin des mots et en français on ne le prononce pas, comme dans « lune », « cube », « robe », etc…

Si vous voulez aider votre enfant pour l’apprentissage de la lecture, surtout faites beaucoup de jeux sur les sons qui composent les mots comme je l’ai expliqué dans un article précédent.

Alphabet script.

Faites reconnaître à votre enfant les lettres scriptes, ou à la rigueur les lettres cursives (constatez cependant que l’environnement de votre enfant est essentiellement composé de lettres scriptes) et surtout pas de majuscules.

Si vous voulez également aider votre enfant, écrivez des lettres chacune sur de petits cartons et faites-lui composer avec ces lettres des mots phonétiques afin qu’il comprenne vraiment le système de la lecture. Commencez avec les mots phonétiques de 3 lettres tels que « sac », « mur », « bol », « col », etc… Dites-lui bien : « qu’entends-tu dans sac? »  en insistant bien sur chaque son.

En français nous ne disposons pas de beaucoup de mots phonétiques de 3 lettres, je vous indique donc ci-dessous des listes de mots de 4, 5, 6 lettres…

Si votre enfant se lasse de composer des mots avec l’alphabet que vous aurez réalisé sur les petits morceaux de carton, vous pouvez varier la façon de faire : demandez-lui de vous donner les sons par oral, ou de vous dicter la lettre qui correspond, faites-le écrire avec un stylo, ou utilisez une ardoise, un tableau Veleda, des lettres magnétiques… il peut aussi tracer les lettres dans un plateau avec du sable ou de la sciure, du riz, etc… Et surtout parlez-lui des sons qu’il entend dans les mots et faites en sorte que ce soit toujours un jeu. Si l’enfant est jeune, n’y passez pas trop de temps (5 ou 10 minutes) chaque fois. Le plus important est que ce soit régulier et toujours dans le plaisir.

Nous avons également publié une jolie collection de petits romans de lecture autonomes qui suivent exactement la progression indiquée ici. Ce sont les histoires de Nil et Mia parues chez Hatier. Je vous conseille vivement les premiers pour l’enfant qui est en cours d’apprentissage de la lecture car il est fondamental qu’il se rende compte qu’il peut réellement lire des livres. C’est beaucoup plus agréable et gratifiant pour lui !

Donc vous pourrez trouver en librairies ou grandes surfaces ou à la FNAC ou Cultura ou bien sûr sur Amazon :

Ce sont les trois premiers qui sont suivis par une collection d’une trentaine de jolis petits romans qui permettent à l’enfant de lire au fur et à mesure qu’il acquière des nouveautés. 

Le moment où l’enfant réussit à lire et à comprendre ce qu’il lit est particulièrement émouvant. Je vous souhaite vraiment de vivre cela avec votre enfant.

Malgré les années, c’est toujours pour moi un moment unique et très fort.

Sylvie d’Esclaibes.

Liste de mots phonétiques

  • Mots phonétiques de 4 lettres :

Lama – iris – robe – jupe – moto – abri…

  • Mots phonétiques de 5 lettres :

Table – livre – piano – radio – crabe – tigre – plume

épine – veste – arbre – usine…

  • Mots phonétiques de 6 lettres :

Domino – lavabo – cactus – crocus – banane

armure – tulipe – cabane – tomate

vipère – bobine – tortue – canapé…

Montessori - lecture
4. Je lis mes premiers mots.

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