Série – Les pionniers

Série – Les pionniers !

J’ai le plaisir de publier cette série d’articles sur « Les pionniers de l’éducation » écrit par Marie Robert. Je suis ravie que Marie ait commencé par cet auteur car pendant mes études sur la pédagogie Montessori, Maria Montessori parle justement de cet oeuvre.

« Chaque semaine, découvrez la pensée d’un pédagogue qui a permis de changer notre regard sur l’enfant. Un héritage à connaitre et à honorer…

Episode 1 – Jean-Jacques Rousseau, L’Emile.

Portrait de Jean-Jacques Rousseau

Il va de soi que prendre l’exemple d’un homme ayant placé ses cinq enfants dans une institution, déclarant ne plus être en mesure de s’en occuper, peut-être un peu surprenant. Pourtant, Jean-Jacques Rousseau, l’éminent philosophe du Contrat Social, fut aussi l’un des penseurs ayant le plus bouleversé notre vision de l’enfance, car il a su la considérer dans toute sa singularité, et non comme le brouillon d’une vie d’adulte. Dans son traité L’Emile ou De l’éducation, publié en 1762, Rousseau s’affiche comme un pionnier de la pédagogie.

Afin de nous transmettre sa vision, le philosophe dresse, avec originalité et précision, le portrait d’un élève imaginaire nommé Emile. Né orphelin, l’ouvrage a pour ambition de présenter son éducation du berceau jusqu’à l’âge adulte. Rousseau traite d’abord de la période en bas âge, en n’omettant aucun détail, du choix de la nourrice à la température idéale du bain. Il passe ensuite à l’âge où Émile commence à parler et où ses sens, autant que sa raison se développent, avant de traiter « l’âge de la force », celui où l’adolescent grandit « plus vite que ses besoins ». Et enfin, le « moment critique » de la puberté. Bref, le philosophe suisse n’oublie aucune étape et aborde tous les enjeux de l’enfance.

Mais si Rousseau traite de très nombreuses questions, toutes convergent vers le même pilier, celui, essentiel de l’autonomie de l’enfant, et de ce point de vue, son regard est véritablement novateur, encore plus au 18e siècle. Ce qu’il veut nous faire saisir c’est que l’enfant est un individu à part entière et pas seulement un prolongement de ses parents. Si Rousseau a tant pensé le respect de la liberté de chacun, c’est aussi pour l’appliquer à l’éducation. Or, il s’aperçoit que cette dernière consiste la plupart du temps à forcer les enfants à acquérir des règles ou des savoir-faire qui sont ceux établis par la société. Le refrain de la transmission tourne parfois un peu trop autour du « Fais pas ci, fais pas ça », épuisant pour les parents et décourageants pour les enfants. Rousseau change radicalement la perspective en inversant l’ordre des priorités : ce qui est premier n’est pas la société, mais l’enfant.

Emile ou de l’éducation-de Rousseau : un livre à lire absolument

Dès lors, l’éducation doit « considérer l’homme dans l’homme, et l’enfant dans l’enfant ». Les parents ont pour mission d’accompagner pas à pas cet individu singulier en devenir, pour qu’il parvienne à être lui-même, et non un être conforme aux attentes d’un groupe. La société, pour le philosophe, est synonyme d’inégalité et de servitude. L’homme devient dépendant d’une reconnaissance sociale. Pour y remédier, Rousseau préconise qu’Emile reçoive « éducation selon la nature », de le laisser éprouver son autonomie. Avec l’idée que l’enfant doit faire ses expériences par lui-même et non guidé, ou dirigé, par un maître. Il défend un empirisme radical, où l’enfant expérimente directement le monde, apprend, découvre, tente, élabore. Bref, un monde où dès le plus jeune âge on serait acteur de notre vie et libéré des adultes. Ça vous rappelle quelqu’un non ? Ce regard tourné vers l’autonomie et la confiance inspira beaucoup Maria Montessori qui revendique la pensée de Rousseau dans de nombreux textes.

Cette autonomie de l’enfant, ne peut être effective que si vous faites confiance à vos enfants et que si eux-mêmes peuvent construire leur confiance en eux. Les laisser être, sans exiger des efforts, ou un comportement particulier, c’est leur assurer qu’ils sauront tirer profit de ce qu’ils vivent, qu’ils apprendront par eux-mêmes ce qui est bon ou non pour eux. Une fois adulte, ils auront suffisamment foi en eux pour s’adapter à toutes les situations. Au fond, Rousseau nous engage à élever nos enfants comme s’ils allaient mourir demain et ne pas considérer l’avenir avec angoisse. »

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