Agir dès la maternelle

Agir dès la maternelle !

Voici un article paru le 30 janvier 2016 dans l’Obs.

Les propos tenus par Madame Arlette Bourcier-Mucchielli me paraissent tellement relevés du bon sens et correspondent beaucoup à ce que Maria Montessori prônait dans sa pédagogie et que nous mettons en place dans nos classes Montessori.

Montessori motricité fine

Développement de la motricité fine.

Par rapport au langage, il est essentiel de le développer le plus possible pendant la période sensible du langage qui a lieu entre 0 et 6 ans donc pendant les années de maternelle. Il est alors essentiel à l’école, de donner toujours les bons mots, pas les mots généraux mais les noms précis comme par exemple, on ne parle pas d’un oiseau mais d’une hirondelle, ou d’un arbre mais d’un peuplier, etc… de préparer ce que nous appelons les cartes de nomenclature dans tous les domaines possible : les animaux, les véhicules, les sports, les légumes, les fruits, les monuments, les pays, etc… Ces cartes permettent d’introduire énormément de mots nouveaux à l’enfant. De plus, grâce à tout le matériel dont nous disposons, il est également possible d’enseigner un vocabulaire très important à l’enfant : les formes géométriques, les couleurs, les volumes, les matériaux, les parties des animaux, les continents, etc… Et tout cela il est très possible de le mettre en place dans les écoles publiques ou privées sous contrat car je le vois faire très souvent par des professeurs des écoles qui viennent à mes formations.

Montessori développement de la main

Développement de la motricité

Pour la psychomotricité, c’est la même chose. Ce que nous appelons « la vie pratique » permet de développer le mieux possible la motricité fine de l’enfant et développer la main qui est directement liée au cerveau de l’enfant. Egalement les exercices sur la ligne du cercle que nous avons au sol de nos classes permettent le développement d’une bonne motricité, d’un équilibre ainsi que d’une bonne tenue de l’enfant.

Montessori langage

Les cartes de nomenclature pour le développement du langage.

La socialisation est également travaillé en classe par les activités collectives mises en place plusieurs fois dans la demi-journée. Activités pendant lesquelles l’enfant apprend à vivre ensemble. L’enfant qui a aussi développé, grâce à une approche très précise, une bonne confiance en soi et une grande autonomie, se connaît également beaucoup mieux et trouve plus facilement sa place dans notre société.

Je suis également tout à fait d’accord sur le fait que les professeurs des écoles devraient recevoir des formations tout à fait différentes. Lorsque je constate le nombre de professeurs des écoles que je reçois dans mes formations Montessori pour tous les âges, et lorsque je les écoute dans leurs interrogations, il est très facile de comprendre qu’ils demandent des formations différentes de celles reçues habituellement. Les formations Montessori que je dispense, leur apportent des aides dans la gestion quotidienne de leur classe, dans l’aménagement de leurs classe, dans la mise en place d’une pédagogie différente et dans une approche différente des enfants et de leur travail avec les enfants.

Montessori - formations

Des formations adaptées aux professeurs des écoles.

Il faut d’ailleurs remarquer que ces professeurs sont des personnes remarquables qui, dans la majorité des cas,  financent eux-mêmes leurs formations, fabriquent et financent eux-mêmes le matériel Montessori qu’ils installent pour un meilleur enseignement auprès des petits élèves qui leur sont confiés. Et tout cela pour le bien être des enfants.

D’ailleurs, je n’hésite jamais à me rendre dans leurs classes pour leur apporter toute mon aide dans la mise en place de leurs ateliers autonomes de manipulation ainsi que dans l’organisation de l’espace de leur classe.

Et ce que nous parvenons à mettre en place dans les classes des écoles publiques et privées peut être réalisé dans toutes les écoles et pour tous les enfants.

Sylvie d’Esclaibes

 

Échec scolaire : il faut agir dès la maternelle. À 11 ou 12 ans, il est déjà trop tard

Publié le 30-01-2016 à 11h55 – Modifié à 17h16

Avatar de Arlette Bourcier-Mucchielli

Par 
Professeur des universités

LE PLUS. Depuis des années voire des décennies, la question est récurrente : comment combattre l’échec scolaire ? Pour Arlette Bourcier-Mucchielli, professeur retraitée des universités et psychanalyste, auteur de « La prévention de la dyslexie à l’école », si toutes les tentatives ont échoué jusqu’à maintenant, c’est parce qu’elles étaient centrées sur le collège. Or il faut agir bien avant, explique-t-elle.

Édité par Sébastien Billard

La cour d’une école maternelle et primaire à Caen, le 31 août 2009 (M. DANIAU/AFP).

Une question hante le débat sur l’école, celle de l’échec scolaire et de ses conséquences sociales désastreuses. Les années, les décennies, passent, et rien ou presque ne change. Pourtant le diagnostic existe depuis très longtemps, et les solutions aussi.

En 1966, j’écrivais dans la revue « L’école maternelle » un article présentant les trois volets essentiels du développement des enfants entre 3 et 6 ans : le langage, la psycho-motricité et la socialisation. 50 ans plus tard, au soir de ma vie, je constate que nous n’avons toujours pas réalisé ce progrès décisif. Pourquoi ?

Certes, l’Éducation nationale a compris la nécessité d’agir contre l’échec scolaire. Mais l’on s’y prend mal parce que l’on réagit toujours trop tard.Toutes les tentatives ont échoué parce qu’elles étaient centrées sur le collège. Or, à 11 ou 12 ans, les jeux sont faits depuis longtemps.

C’est le milieu familial qui engendre le plus d’inégalités

On descendit parfois alors la prévention jusqu’à l’école primaire, petit progrès. Mais redisons-le avec force : c’est dès la maternelle qu’il faut agir, quand il est encore temps de changer véritablement la donne.

C’est en effet le milieu familial qui engendre le plus d’injustices et d’inégalités. Et seule l’école républicaine peut rectifier et rétablir un peu de justice sociale en permettant à chacun de saisir ses chances et de développer au maximum ses potentialités.

La vie des petits se développe activement de la conception à 6 ans. Elle s’épanouit ou se rabougrit, se construit ou se distord. Naît une sorte de structure du futur, une personnalité basique, existentielle, qui restera une constante agissante de l’individu, de son fonctionnement comme de ses dysfonctionnements. 

Après ces trois premières années marquées par la famille avec la chance/malchance d’être né là plutôt qu’ailleurs, l’école maternelle dispose donc de trois autres années pour agir, dans trois domaines fondamentaux.

1. Le langage

Apprendre à parler (le vocabulaire, la grammaire, la phonétique, la musique des mots, leur harmonie, la bonne hauteur des sons et surtout leur volume…), mais pas seulement. Parler signifie aussi s’exposer en prenant la parole, s’exprimer face à autrui afin d’exister. Parler veut dire aussi penser et réciproquement car comment penser sans mots ?

Parler, c’est se structurer, trouver sa place tout en la conquérant. Aujourd’hui, certains bas niveaux de langage stigmatisent gravement et définitivement, dès le CP. Ajoutons que de légers défauts d’articulation (zézaiement, confusion entre occlusives…) pourraient très bien être réglés dès leur apparition vers 3 ans.

Sans enlever le travail des orthophonistes qui en auront toujours, ce serait une prévention utile d’apprendre aux enseignants à rectifier ces troubles légers. Par petits groupes d’enfants, les enseignants formés par des linguistes et des psychologues sauraient ainsi apprendre à parler à tous.

2. La psychomotricité

Même remarque pour la motricité. Bouger signifie vivre, s’exprimer, se dévoiler, rentrer ou s’extraire du rang… Pourquoi attendre que des crispations, des blocages divers se mettent en place pour soigner ? Là encore, les psychomotriciens auront toujours de vraies altérations neuro-motrices à réduire.

Des méthodes existent, ludiques et très efficaces, permettant de parfaire les bases neuro-psychomotrices dès 3 ans, à savoir : l’équilibre, la coordination manuelle, celle des membres supérieurs puis inférieurs, suivie de leur dissociation, la précision des gestes, la maîtrise des mouvements, de leur vitesse, le contrôle de la force, la détente, la gymnastique des yeux… Savoir se tenir sans affectation, en totale harmonie avec son corps et ainsi se poser à sa juste place et déambuler dans une première autonomie conquise au fil des jours.

Les méthodes existent et se pratiquent dans la joie. En outre et des expériences l’ont prouvé, l’intelligence y gagne considérablement.

3. La socialisation

La socialisation enfin. D’abord se perfectionner dans la connaissance de soi avant de connaître les autres, parents et enfants. Il ne s’agit pas de psychanalyser les enseignant(e)s de Maternelle.

Des approches psychologiques existent en groupe ou en individuel afin d’affiner la connaissance de soi et des autres (les jeux de rôle par exemple), permettant de désamorcer puis régler les conflits, dépister les souffrances non dites, comprendre les frustrations.

Des outils utiles et efficaces s’apprennent comme l’analyse des dessins d’enfants, le maniement des marionnettes…

Des méthodes audacieuses mais parfaitement réalisables

Toutes ces méthodes, nous les avons pratiquées toute notre vie à la marge du système. Et nous attestons que c’est parfaitement réalisable. Ajoutons nous n’avons jamais rencontré de résistance chez les enseignant(e)s, bien au contraire. Tout ceci implique que nous devons former les enseignant(e)s de maternelle de la façon la plus performante qui soit. Nous devons y « mettre le paquet ».

Cela a un prix, certes, mais qui serait bien moindre que celui de tous les inutiles tentatives de rattrapages ultérieures. Pour l’instituer au plan national, comme un engagement de fond et durable, nous proposons la création d’une formation particulière et d’un diplôme pour les enseignants de maternelle et de CP, au même titre qu’existent le Capes et l’Agrégation pour les enseignants de collège et de lycée.

C’est le prix à consentir mais tellement moindre que les remèdes actuels inefficaces, voire mortifères. Nous affirmons que plus de 90% des enfants arriveraient ainsi au CP préparés à lire-écrire-compter et à vivre ensemble, à exister face et avec autrui.

Sommes-nous prêts à défendre cette grande et belle idée de la prévention, cette mise sur rails citoyenne, cette véritable école républicaine où chacun recevrait sa juste part pour se lancer ensuite sans crainte ni agressivité vers la réalisation de sa vie ? Quelle intelligence personnelle et collective nous développerions ! Ce serait un authentique progrès humain !

 

 

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Un commentaire pour Agir dès la maternelle

  1. prat corine dit :

    MERCI Madame Bourcier-Mucchielli et Sylvie (bien sur) !!!!!
    Pourriez vous intervenir auprès des IDEN !!!!
    Nous avons tellement de mal à faire accepter cette belle pédagogie aux conseillers pédagogiques !!!!

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