Un jeune sur dix en souffrance

Un jeune sur dix en souffrance

J’ai envie de partager avec vous cet article « du Monde Science et techno » réalisé par Pascale Santi et paru le 2 novembre 2015.

En effet, je suis très inquiète par le nombre d’appels téléphoniques de parents de jeunes adolescents en phobie scolaire allant jusqu’au suicide. Pour moi, une partie du problème réside dans l’école. En effet, nous scolarisons, par exemple, depuis le début de cette année scolaire plusieurs élèves qui ont fait des tentatives de suicide, scarification, etc… Ces élèves ont repris confiance en eux, rencontrent chaque jour des adultes bienveillants qui n’ont qu’une idée en tête, c’est de les aider, les soutenir et leur permettre de réussir. Ces professeurs s’adaptent à chacun, sont vigilants pour ne pas les blesser avec tout de même une exigence certaine.

Nous mettons également en oeuvre beaucoup d’actions pour les aider : parent d’élèves/psychologue à leur écoute, création de groupe Facebook privé sur lequel ils peuvent communiquer, aide à la méthodologie, sophrologie, etc…

Dans ces conditions, assez rapidement, ils reprennent confiance en eux-même, en leurs capacités et en leurs possibilités de réussir leur vie. Nous mettons également tout  en oeuvre pour leur montrer que la vie est belle, qu’ils ont leur place et même un rôle important à jouer dans notre société. Ceci se fait par une pédagogie différente où chacun avance à son rythme, l’organisation de nombreuses sorties, une façon de travailler différemment et la mise en place d’actions humanitaires.

Je suis ravie de constater par les mails que nous envoient les parents de ses élèves, qu’ils retrouvent leur place et vont beaucoup mieux car ils disent se sentir bien dans notre établissement.

Montessori sensoriel

Apprendre à apprécier la beauté de ce qui nous entoure par tous les sens.

Je pense que ces soucis n’arrivent pas soudainement mais sont l’accumulation d’un mal être depuis le plus jeune âge. La pédagogie Montessori en mettant l’accent sur le développement sensoriel, si important pour apprendre à apprécier le monde dans lequel nous vivons, sur l’amour du travail, sur le développement de la confiance en soi et de l’autonomie de l’enfant protège considérablement les enfants. Cette réflexion est basée sur une expérience de plus de 25 ans de directrice créatrice d’un établissement Montessori allant de la maternelle au baccalauréat. Je dois dire que par bonheur, aucun des élèves qui ont été scolarisés tout petit n’en sont arrivés à de telles extrémités et montrent plutôt un enthousiasme et un bien être certains.

Sylvie d’Esclaibes

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 02.11.2015 à 15h32 | Par Pascale Santi

L'adolescence, jalonnée de plusieurs premières fois, est-elle ce passage obligé par un sentiment de mal-être ?

Si la grande majorité des adolescents va bien, une petite partie (environ 10 %) vit mal cette période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. C’est ce qu’a montré l’étude «  Portraits d’adolescents  », coordonnée par le pôle universitaire de la Fondation Vallée à Gentilly (Val-de-Marne) et l’Unité 1178 « Santé mentale et santé publique  » de l’Inserm. Effectuée en 2013 en milieu scolaire, cette enquête a porté sur plus de 15  235 jeunes âgés de 13 à 18 ans ­résidant dans deux départements (Hautes-Alpes et Val-de-Marne) et une région (Poitou-Charentes). Ceux-ci ont répondu à un auto-questionnaire anonyme.

«  Parmi ces 10  % à 15 % de jeunes en souffrance, beaucoup cumulent des facteurs de risques. Nous sommes en train de croiser ces variables négatives  », a expliqué, lors des Entretiens de ­Bichat, début octobre, à Paris, la professeure Catherine Jousselme, chef de service et du Pôle universitaire à la Fondation Vallée, qui a piloté l’enquête. Il ressort que 9,2 % des adolescents (surtout les filles) déclarent «  se faire mal exprès  », «  assez ou très souvent  » (scarifications, tatouage avec un compas…). Et à peu près autant (surtout les garçons) jouent à un jeu dangereux.

 « Alcoolisation massive  »

Phénomène inquiétant, les tentatives de suicide semblent être plus fréquentes qu’auparavant  : 7,8 % des jeunes en ont déjà effectué une, et 3,7 % plus d’une, souligne l’étude. De même, l’augmentation dubinge drinking («  alcoolisation massive  ») et de la consommation de cannabis est constatée.

La dépression touche 16,8 % des filles et 7 % des garçons. Des taux alarmants, car «  ces jeunes s’estiment en bonne santé, continuent à prendre soin de leur physique, de leur habillement… et sont donc difficilement ­repérables  », relève Mme Jousselme. De plus, quand ils vont mal, une grande majorité (74,5 % de filles et 57,6 % de garçons) privilégie l’isolement. « On peut aussi s’inquiéter des chiffres de sub-dépression de 33,6 % des filles et 21,6 % des garçons, qui sont en grande augmentation  », ­notent les auteurs.

En général, ceux qui ne vont pas bien ont une très mauvaise estime d’eux et sont très nombreux à se sentir tristes ou à douter quand ils se regardent dans le miroir, pensant avoir un corps qui ne les représente pas. Ils dorment peu.

Prévention « inadaptée  »

Ces données sont d’autant plus ­importantes que, comme le pointait la chercheuse australienne Susan M. Sawyer dans The Lancet, en 2012, «  la période de l’adolescence est ­essentielle pour la détermination des orientations de santé à l’âge adulte  ». Pourtant, ces jeunes en souffrance consultent peu ou pas. «  L’expression des souffrances psychiques à l’adolescence prend souvent un masque ­somatique en présentant des symptômes flous », souligne le pédiatre Georges Picherot. Le corps parle avant les mots. Des études montrent ainsi des liens ­entre le passage aux urgences (pour accidents, traumatologie, etc.) et le mal-être.

Ainsi, «  pour ces adolescents en souffrance, la prévention actuelle n’est souvent pas adaptée, estime ­Catherine Jousselme, le fait de les ­repérer en allant dans les clubs de sport, les établissements scolaires ­permet un meilleur ciblage de la ­prévention…  ».

Une note d’optimisme toutefois  : 88 % des jeunes interrogés estiment que leur valeur ne dépend pas des objets qu’ils possèdent. Et une grande partie d’entre eux se sent bien concernant les relations avec leurs parents  : près de neuf jeunes sur dix (88,8 %) pensent que ces derniers les trouvent beaux.

 

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