Apprendre une seconde langue dès le plus jeune âge

Apprendre une seconde langue dès le plus jeune âge

Montessori langage

Apprentissage précoce des langues.

Lorsque j’ai créé mon école il y a plus de 20 ans, un de mes principaux objectifs était d’offrir à mes propres enfants la chance de parler une deuxième langue couramment (en l’occurrence l’anglais) comme leur langue maternelle.

Pour moi l’école doit apporter à l’enfant tout ce qui lui permettra de réussir le mieux possible dans sa vie d’adulte.

Comment est-il possible aujourd’hui de vivre sans parler l’anglais ?

Dans pratiquement toutes les professions et même souvent dans la vie quotidienne, parler et lire l’anglais sont devenus quasi indispensables : les notices explicatives sont souvent en anglais, les informations scientifiques sont généralement en anglais, de nombreux documents sont en anglais, sur Internet, etc…

Montessori langue

De nos jours, tout est en anglais…

Par ailleurs,  il est devenu aujourd’hui courant  de voyager à l’étranger où le fait de parler l’anglais facilite tant les choses et permet de faire de tellement belles rencontres.

Travailler à l’étranger.

Il est aussi très important d’être prêt à aller vivre dans un pays étranger si les circonstances l’exigent. Lorsqu’on parle anglais, tout est beaucoup plus facile. Quand mes enfants ont commencé à entrer dans les études supérieures puis dans la vie active, j’ai pu constater encore davantage à quel point leur bonne maîtrise de l’anglais leur facilitait les choses.

La passion des mots.

J’ai donc fait, à l’époque, en 1988-1989, beaucoup de recherches sur l’apprentissage des langues. En reprenant la théorie des périodes sensibles de Maria Montessori, il m’a alors semblé essentiel d’introduire une deuxième langue au moment de la période sensible du langage, c’est-à-dire avant 7 ans et le plus tôt possible.

En effet, jusqu’à cet âge-là, l’enfant est passionné par tout ce qui touche au langage et possède la capacité d’intégrer  tout ce qui correspond à du vocabulaire sans faire le moindre effort. De plus il n’a aucune inhibition et peut répéter n’importe quoi sans peur des moqueries.

La musique de la langue…

C’est aussi un moment où ses sens sont en plein développement et où sa plasticité cérébrale est en plein essor. Son ouïe est tellement aiguisée qu’il perçoit parfaitement la musique de l’autre langue. Ceci lui permet donc de parler une deuxième langue avec un accent totalement parfait.

Si l’on veut que l’enfant parle la deuxième langue comme une langue maternelle, il est essentiel qu’il pense totalement dans cette langue sans jamais effectuer de traduction. Pour arriver à cela, l’enfant doit être mis en immersion totale. Son professeur doit enseigner dans sa langue maternelle. Il ne doit en aucun cas faire de traduction même si l’enfant affiche son incompréhension. Il ne doit parler que sa langue.

Les zones cérébrales du langage.

C’est exactement la même chose dans les familles dont les parents ont deux langues maternelles différentes. Il est essentiel que chaque parent parle une langue et une seule, toujours la même.

Il est également essentiel que le professeur ait sa propre classe car le défaut de mettre un enseignant d’anglais et un de français dans la même classe laisse à l’enfant le choix de la facilité en allant vers l’un ou vers l’autre selon sa langue maternelle, ce qui réduit considérablement l’immersion en langue étrangère.

Des professeurs de langue maternelle.

Lorsque l’enfant se retrouve dans une classe pendant une demi-journée avec un professeur qui ne parle que l’anglais, il n’a pas le choix, il doit s’adresser à cet enseignement, essayer de se faire comprendre et de comprendre ce qui lui est dit. C’est ainsi qu’il commence à prononcer ses premiers mots.

Mon souci  était cependant de ne pas mettre les enfants en trop grande difficulté. L’environnement d’une classe Montessori est alors une aide considérable. En effet, l’enfant retrouvant dans chaque classe le même matériel, il peut continuer ses activités et n’est absolument pas perdu. Il prend le matériel sur l’étagère et peut s’occuper même s’il ne comprend pas. De plus, comme il connait dans sa langue le nom du matériel qu’il manipule, il fait vite le lien avec le mot en anglais.

L’environnement d’une classe Montessori.

C’est exactement la même chose pour les enfants de parents changeant souvent de pays. Les écoles Montessori avec leur matériel très spécifique aident beaucoup ces enfants à s’adapter.

Pour moi, l’important n’est pas uniquement l’apprentissage de la langue. La transmission de la culture relative à cette langue est aussi primordiale. En effet, si l’on veut s’adapter et bien comprendre les autres, la connaissance du vocabulaire est importante mais ne suffit pas. Il faut être apte à comprendre comment l’autre pense, quelles sont ses habitudes de vie, quelles sont ses traditions, quelle est sa culture, etc…

Intégrer différentes cultures.

Pour cela il faut absolument que les professeurs enseignent leur langue maternelle et transmettent toute leur culture en même temps que leur langue. Il faut donc que chaque professeur ait sa propre classe. Ainsi le décor, l’organisation, la façon de gérer, tout permettra à l’enfant de s’imprégner de cette autre culture (les frises de lettres sont en anglais, les légendes des posters sont en anglais, les livres de la bibliothèque sont en anglais, le matériel de lecture, de mathématiques, de géographie, de sciences et d’histoire est écrit en anglais, etc…).

Des gens différents…

Très vite l’enfant prendra conscience que, si d’autres gens vivent différemment, ce n’est pas pour cela qu’ils sont inférieurs ou supérieurs. Il développera ainsi une grande tolérance. De plus, lorsque cet enfant, même devenu adulte, sera en relation avec des personnes parlant cette langue, il saura beaucoup mieux adapter son attitude et comprendre les réactions de l’autre. Cette faculté d’adaptation acquise, il saura la mettre en œuvre dans toute situation nouvelle, et notamment dans une compréhension perspicace de son futur environnement étudiant, professionnel ou privé et de leurs exigences spécifiques.

Un déroulement de la demi-journée identique.

J’ai donc décidé que les enfants suivraient des demi-journées dans une langue et les autres demi-journées dans l’autre langue. Pour qu’ils se sentent bien dans un environnement dont ils ne comprennent pas la langue, il était important que le déroulement de chaque demi-journée soit le même. Si on commençait par une activité collective concernant la date, la météo, la saison, etc…, l’autre demi-journée devait se dérouler de la même façon.

Ainsi les enfants pouvaient faire le lien direct entre les mêmes mots dans deux langues différentes.

L’enfant apprend à lire dans les deux langues en même temps en commençant par les lettres qui ont le même son. Une fois qu’il a compris le mécanisme de la lecture et qu’il a acquis un peu de vocabulaire, il peut apprendre dans les deux langues très facilement.

Apprendre à lire en anglais.

Certains parents pensent qu’apprendre à lire simultanément dans deux langues différentes nuit à l’apprentissage. Je peux affirmer le contraire : ma longue expérience m’a prouvé que cela ne pose aucun problème.

Il faut bien sûr être patient. On ne devient pas bilingue en quelques mois. Souvent les parents me demandent combien d’années cela va prendre. C’est une question à laquelle je ne peux pas répondre car, encore une fois, c’est très différent d’un enfant à l’autre. Souvent la 1ère année, l’enfant commence à comprendre et sait dire les choses simples de la vie courante. La 2ème année, il parle davantage et comprend pratiquement tout. Ensuite, la progression dépend de beaucoup de choses et en particulier de ce qui est fait à la maison : est-ce que les enfants regardent des films anglais ? Ecoutent-ils des chansons en anglais, etc…

Il est également important qu’ils étudient en classe anglaise sur des livres ou des fichiers provenant des pays anglophones (surtout pas de manuel français). Ainsi, encore une fois, il n’y a aucune traduction et l’enfant peut apprendre comme un vrai petit anglophone.

Des manuels anglophones.

Il est ensuite très positif de les présenter aux examens de Cambridge. Il en existe des très  intéressants pour les jeunes enfants : les Young Learners. Ces examens s’intègrent tout à fait dans la pédagogie Montessori car les enfants n’y sont présentés que lorsqu’ils sont prêts. Ils n’échouent donc jamais, obtenant un certain nombre d’écussons en fonction de leur performance.

Ces examens comprennent des épreuves d’écoute, d’écrit et de conversation. Des examinateurs de Cambridge font passer aux enfants les épreuves dans les conditions réelles des examens de Cambridge. Ceci donne à ces épreuves un caractère très officiel.

Les Young Learners de Cambridge.

Cela permet aux professeurs et aux parents de se rendre compte du niveau réel des enfants, ce qui est très motivant. De plus les enfants – et leurs parents – sont extrêmement fiers de se présenter très jeunes à de réels examens.

Cette façon d’apprendre une langue étrangère doit continuer au moins jusqu’à la fin des classes primaires. Elle se fait alors facilement, naturellement et sans effort. Depuis vingt ans que je la mets en œuvre dans mon école, j’ai eu des centaines de fois la preuve de son efficacité au vu de la réussite de la plupart de mes élèves aux examens de Cambridge et aux concours d’admission à l’Université.

Université de Warwick.

Ma dernière fille Angélique par exemple n’a appris l’anglais qu’au lycée International Montessori. Elle n’a jamais fait de séjour dans un seul pays étranger et n’a pas eu de Baby-Sitter anglophone. Je suis fière de pouvoir dire qu’elle a été admise sans problème à l’université prestigieuse de Warwick en Angleterre où elle suit maintenant, à 17 ans, des études de management. Mon fils aîné, Stanislas, dans le même cas, a obtenu la note de 20 sur 20 en anglais au concours d’entrée dans une grande école de commerce. Très nombreux sont ceux de mes anciens élèves qui utilisent notamment l’anglais, mais aussi l’espagnol et d’autres langues, couramment dans leur vie quotidienne.

Envie d’apprendre d’autres langues…

Les enfants qui ont bénéficié de cette méthode d’enseignement bilingue, et même multilingue, dès le premier âge en immersion totale, apparaissent beaucoup plus tolérants, beaucoup plus ouverts sur les autres cultures et sont avides d’apprendre d’autres langues et de découvrir de nouveaux pays.

Le fait d’avoir étudié plusieurs langues depuis leur plus jeune âge est très positif pour eux car ils sont alors tout à fait ouverts à ces apprentissages. La langue supplémentaire s’apprend encore plus facilement, le cerveau étant totalement habitué à faire ce travail.

Invitation au voyage…

« Ces câblages installés au moment de la construction du langage ont des répercussions sur tout l’avenir de l’enfant.

En effet, ce qui se passe du point de vue neurologique, c’est que certaines connexions entre les neurones (synapses) sont sollicitées au moment où la malléabilité corticale du cerveau bat son plein, connections qui, chez les enfants monolingues, ont été sclérosées à l’âge du langage avec pour résultat qu’une fenêtre cognitive s’est fermée à jamais.

Une synapse.

En plus d’excellents résultats dans la capacité linguistique, on a pu constater également chez les enfants bilingues ou multilingues une souplesse mentale, une mobilité conceptuelle et une capacité à résoudre des problèmes plus importante que chez les enfants monolingues. Les retombées sont particulièrement impressionnantes dans le domaine des mathématiques où les enfants issus de l’enseignement bilingue ont systématiquement des scores supérieurs à leurs camarades monolingues.

Ce phénomène s’explique par la stimulation intellectuelle apportée par le bilinguisme. Plus précisément, les capacités phonologiques et grammaticales ainsi que la capacité de calcul sont régies par la même aire cérébrale frontale (aire de Broca). C’est ainsi que la stimulation de cette aire par le bilinguisme précoce aboutit à la création de nombreuses connections neuronales qui auraient des répercussions directes sur les potentialités intellectuelles. » 

Réf : Maria Kihlstedt – « Les avantages du bilinguisme précoce ».

Sylvie d’Esclaibes

 

 

 

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3 commentaires pour Apprendre une seconde langue dès le plus jeune âge

  1. Montessori dit :

    Très bon article et la méthodologie est vraiment efficace.

  2. scrapcendrillon dit :

    bonsoir

    Cet article est très interessant. Et je suis tout à fait d’accord avec vous sur votre méthode.
    Je suis entrain e réfléchir comment rattraper le niveau catastrophique en anglais de mes enfants. Il sont dans un « cursus scolaire normal », apprennent dont l’anglais comme tout bon français qui se respecte! Et je m’aperçois que c’est vraiment lamentable. Jusqu’à présent, je m’efforçais de les soutenir en reprenant ce que le prof faisait en classe. En plus j’ai des enfants qui sont dyspraxique, dyslexique et dysphasique. Donc c’est vraiment très dur pour eux. Un peu moins pour ma fille dyslexique, elle aimait bien l’anglais jusqu’à cette année (4ème) à cause de la façon de faire du prof. Quant aux deux autres, je sais que pour n’importe quel examen, ils devront passer l’anglais à l’écrit. Et parti comme c’est parti , cela risque d’être très catastrophique.
    Donc là, faut tout reprendre et en même temps, continuer à suivre leurs cours. J’essaie avec des flashcards, des mémory an anglais; mais si vous avez des idées, je suis vraiment preneuse.
    Vous parlez de fichiers ou cahiers anglophones, pourriez vous m’en conseiller quelques uns.
    Et ces examens de Cambridge,comment cela se passe-t-il? Est ce par correspondance? Peuvent ils le faire en même temps que leur scolarité? Combien cela coûte-t-il aussi?
    Quand ils étaient petit, ils devaient mettre des étiquettes le matin sur un tableau pour dire le temps, la saison….
    Je pense que je peux leur en faire , mais en anglais même s’ils ont 13 et 14 ans. qu’en pensez vous?
    Et une dernière question,comment les remotivaient à prendre plaisir dans cette langue?
    Car l’école leur a fait détester.
    Merci beaucoup pour tous vos articles et conseils ainsi que les témoignages.
    bonne soirée et bonne semaine

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