Hyperactivité

Hyperactivité

Vous pourrez lire ci-dessous un article écrit par Soline Roy et publié dans le Figaro d’aujourd’hui et qui me semble intéressant.

Il est vraiment essentiel que pour des enfants vivant des choses difficiles, l’école travaille avec l’ensemble des personnes qui s’occupent d’eux. Au Lycée International Montessori Athéna, nous sommes en étroite relation, lorsque les familles le souhaitent, avec les orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues, etc… etc… Ceci est vraiment indispensable pour permettre à l’enfant de réussir et de ne regagner la confiance en lui-même qui est souvent bien abîmé.

Sylvie d’Esclaibes

Hyperactivité: les belles, mais utopiques recommandations de la HAS

Par figaro iconSoline Roy – le 12/02/2015
La Haute Autorité de santé dévoile ses préconisations pour mieux dépister les enfants souffrant de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

«Nos recommandations sont idéalistes. Mais c’est un idéalisme assumé.» Le Dr Jean Chambry, pédopsychiatre, a coprésidé le groupe de travail ayant rédigé les préconisations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour la détection et la prise en charge en premier recours des troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Et il l’admet: toutes ne pourront pas être respectées. «L’objectif premier était d’affirmer que le TDAH existe et n’est pas une invention des laboratoires pharmaceutiques. Mais aussi sensibiliser les médecins généralistes pour qu’ils prennent le temps d’évaluer ces troubles.»

Difficile de savoir exactement combien d’enfants en France sont touchés, mais on parle généralement de 3 à 5 %. Et s’il existe des critères diagnostics listés notamment par le «DSM 5» (manuel américain des affections psychiatriques), ceux-ci sont contestés par certains professionnels. Plusieurs autres pathologies peuvent ressembler au TDAH ; en outre, la limite entre  «enfant très farfelu» et «hyperactif» peut être floue et dépend beaucoup du seuil de tolérance de ceux qui ont la charge de l’enfant agité.

«Errance thérapeutique»

«Le problème est qu’il y a de la souffrance derrière ces difficultés, chez les enfants comme chez les parents. Ces recommandations permettront aux médecins de dire aux parents qu’ils ne sont pas de mauvais parents, mais que les difficultés de leur enfant sont réelles», précise le Dr Chambry. Il faudra, convient-il, être très rigoureux: «Aux États-Unis il y a beaucoup de surdiagnostic, car on ne prend pas toujours le temps d’évaluer la situation, et les traitements médicamenteux sont donnés en première intention.»

Pas d’excès de prescriptions à craindre donc, à en croire les promoteurs de ces recommandations. Le méthylphénidate, seule molécule proposée à ce jour contre le TDAH (commercialisée sous les noms deRitaline, Concerta et Quasym), est mis à sa juste place : jamais en première intention, toujours en complément d’autres thérapies, et uniquement si l’enfant et son entourage ont besoin de cette aide pour faire «taire» les symptômes le temps que les troubles s’apaisent.

Errance diagnostique

Le rôle du médecin généraliste sera donc de repérer un éventuel trouble et d’orienter la famille vers un service spécialisé s’il suspecte un TDAH. Il devra ensuite informer les familles, leur délivrer aide et conseils en attendant la confirmation du diagnostic. Une attente parfois bien longue: les services spécialisés sont tellement sollicités que «l’errance thérapeutique peut durer jusqu’à deux ans et demi», regrette Christine Getin, présidente de l’association TDAH France.

Une fois le diagnostic posé, le médecin de famille devra aider les parents à mettre en place les diverses thérapies proposées, suivre l’évolution de l’enfant et, dans le monde idéal des bonnes pratiques, coordonner le travail du médecin spécialiste, des autres professionnels de santé (psychomotriciens, orthophonistes, ergothérapeutes…) et de l’école.

Le rôle des enseignants

Car ces recommandations s’adressent aussi, en creux, aux enseignants. «Lorsqu’ils sont de bonne volonté, on peut mettre des choses en place qui marchent plutôt bien, témoigne Christine Getin. Mais cela devient souvent plus compliqué au collège, avec plusieurs enseignants. Il suffit d’un ou deux réfractaires pour que l’enfant soit déstabilisé et dévalorisé. Et l’on est parfois à la limite de la maltraitance!»

Un document émanant des autorités sanitaires devrait donc aider à «mieux faire travailler tout le monde ensemble et convaincre les réticents que ce trouble entraîne de vraies difficultés, précise Christine Getin. Actuellement, il faut être un battant pour y arriver. Si le médecin de famille pouvait aider à comprendre, prendre du recul, prioriser les prises en charge, peut-être que tous les enfants s’en sortiraient mieux.»

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