Quelle métamorphose !

Voici un très joli témoignage de la maman d’une jeune élève de ma classe.

Il est vrai que je ne comprends pas très bien et que je reste interloquée par tous les diagnostics qui ont été posés sur cette petite fille : dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie, hyperactivité !…

Dans la classe, après quelques semaines d’adaptation, elle a été tout à fait capable de se concentrer, elle a un très bon niveau d’orthographe  et retient très bien ce qu’elle apprend. Elle lit très bien avec une bonne compréhension et grâce à une personne qui vient deux fois par semaine faire lire tous les élèves de la classe, elle aborde la lecture avec un grand plaisir.

En mathématiques, elle sait très bien utiliser le matériel Montessori lorsqu’elle en ressent le besoin.

Alors… dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie, hyperactivité ?… Il est facile d’imaginer les dégâts que peuvent produire de tels diagnostics sur une enfant qui, en réalité, ne manifeste aucun symptôme particulier et qui, à mon sens,  avait juste besoin de prendre confiance en ses capacités. Pour cela il a suffi d’encouragements, de compréhension, de souligner ses succès, de lui montrer qu’elle est tout à fait capable et qu’elle est quelqu’un d’important que nous prenons soin de valoriser.

Dans notre rôle auprès de cette enfant, nous sommes également très soutenus par ses parents, ce qui rend nos méthodes encore plus efficaces. Comme je le dis souvent lors des rendez-vous avec les parents pour une inscription, nous nous occupons de l’enfant ensemble et il est essentiel que nous allions tous dans le même sens.

A méditer…

Sylvie d’Esclaibes

« Ma fille a intégré l’Ecole Athéna Montessori en Septembre 2013 en CM1, après avoir passé ses premières années d’école dans l’enseignement public.

Après avoir vu de nombreux spécialistes, elle a été diagnostiquée dyspraxique, dyscalculique, dysorthographique et hyperactive. Le CP s’est déroulé avec une maîtresse compréhensive ; le CE1, nous avons été convoqués pour un redoublement (le neuro pédiatre a expliqué au corps enseignant que cela ne servait à rien de faire redoubler un enfant dyspraxique ; ce n’est pas parce qu’elle n’arrivait pas à exprimer par écrit ses leçons qu’elle ne les savait pas et qu’il fallait mettre en place des évaluations à l’oral) ; de ce fait, ils se sont rendu compte,  en effet, que ma fille avait le niveau. Je ne vous parle pas du casier trop petit (les affaires tombaient tout le temps), du matériel perdu, des devoirs non pris car pas assez de temps pour les écrire, des remontrances, des punitions… Nous avions fait une demande d’AVS, mais cela nous a été refusé car notre fille n’était pas considérée comme handicapée et les maîtresses devaient mettre en place des méthodes adaptées.

Le CE2 est arrivé ; tout de suite le discours de la maîtresse a été : si vous aviez eu une AVS je ne l’aurai pas acceptée dans ma classe car je ne supporte pas de travailler avec quelqu’un. Je vais mettre en place des évaluations à l’oral, des copies de leçon…

Enfant tristeNotre fille a commencé à prendre un traitement pour l’hyperactivité ; celui-ci était très mal supporté (par exemple déprime totale). Et en plus, il n’y avait pas vraiment de résultat sur la concentration. Aucun effort n’était valorisé ; toujours la coupe à moitié vide (alors qu’elle faisait des progrès), des punitions écrites (c’est sûr que c’est ce qu’il faut donner à un enfant qui a déjà du mal à écrire !), la laisser toute seule dans la classe (alors que la cloche avait sonné, pour lui faire comprendre qu’elle était trop lente !), pas une sortie de fin d’année, des devoirs à ne plus en finir (on y passait 1h30 tous les soirs ; on avait une vraie boule au ventre lors de l’ouverture du cahier de textes…) Les enfants lui répétaient ce qu’ils devaient entendre en classe : tu es lente, tu ne vas pas y arriver… Moqueries… Un cauchemar… Je n’osais même plus parler à la maîtresse.

Et un jour j’ai trouvé le blog de Sylvie D’Esclaibes. J’ai eu de la chance, une porte ouverte était organisée quelques jours après. Tout de suite la petite structure m’a plu ; le fait que tous les enfants du primaire soient ensemble est un atout. Une méthode sans pression de notes, un suivi individualisé et une vraie prise en charge par l’enfant de ce qu’il doit faire. J’ai trouvé des gens compréhensifs, disponibles et qui comprenaient enfin de quoi je parlais ! J’ai tout de suite inscrit ma fille ! Et franchement je ne le regrette pas ! En 3 mois de temps, quelle métamorphose ! Déjà plus de traitement à prendre ; Mme d’Esclaibes m’avait dit : « on va faire un essai et on verra ». (Avant les vacances de février on se demandait encore où était son hyperactivité car elle arrive à se concentrer et à travailler normalement) ; J’ai donc retrouvé une petite fille heureuse, plus de déprime. Elle s’est prise en main depuis quelques semaines. Il a fallu un temps d’adaptation car contrairement à l’école classique, c’est à elle de choisir ce qu’elle fait (français, math, géométrie…). Les cours sont aussi dispensés en anglais et elle commence à parler. De nombreux intervenants viennent à l’école (musique, sport, gestion mentale, lecture individuelle…).

Montessori Responsabilité

Avoir des responsabilités.

Des sorties sont faites (ferme, théâtre) ainsi que des activités manuelles (cours de cuisine avec les œufs récoltés des poules, dessin..)… Les enfants sont aiguillés, aidés, surveillés et arrivent à faire le programme de l’Education Nationale (nous avons des cahiers pour pouvoir suivre le programme). Le matériel Montessori est aussi d’une aide précieuse (maintenant je l’entends dire les multiplications c’est facile !). Chaque enfant a une responsabilité par semaine, et celle de ma fille est « s’occuper des deux poules » ; elle est heureuse, leur donne à manger, ramasse les œufs… Elle découvre ce que c’est… Aussi les enfants apprennent les différentes fêtes du monde et ce qui est très important : continuent à fêter les anniversaires. Il y a beaucoup plus de respect de la part des enfants entre eux. De plus ce que j’apprécie, c’est que l’on a les devoirs une semaine à l’avance, ce qui permet de ne plus avoir cette angoisse de travailler tard ; on peut s’organiser.

J’ai des compliments sur ma fille, ce que je crois, n’était jamais arrivé ! Les maîtresses ont su lui redonner confiance en elle. Ce qui est vraiment très important. Ses problèmes de dyspraxie, dyscalculie et dysorthographie s’atténuent. Elle arrive à faire des dictées entières de plusieurs lignes, à réciter des poésies de Jean de la Fontaine, à lire normalement… Elle est en constante progression et a le niveau requis. Depuis le mois de septembre nous revivons ! Ma fille dit d’elle-même : » je ne suis plus stressée, je travaille à mon rythme, et on me dit que je travaille bien ! »Merci encore Mme d’Esclaibes. »

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4 commentaires pour Quelle métamorphose !

  1. RENARD dit :

    Bonjour,
    J’aime beaucoup venir sur votre blog. Je trouve vos articles fort intéressants. Ce que dit cette maman m’interpelle. En effet, je suis enseignante dans le public, dans une école de village. Dans notre école, nous sommes très attentives à nos petits élèves. Nous avons aussi des élèves déclarés « dys » ou en « troubles de l’attention ». On se retrouve devant des parents désemparés, perdus. Mais nous ne sommes pas formés pour affronter tous ces troubles. Alors, on lit des livres, on prend contact avec les orthophonistes, avec les psychologues…mais parfois on bloque. La machine administrative est aussi très lourde. On nous demande de remplir des tonnes de dossiers. On sait que ces enfants « atypiques » ont un potentiel, on sait qu’ils sont malheureux dans notre système. Mais comment les aider, que mettre en place pour qu’ils aient envie d’apprendre, qu’ils ne ressentent pas cela comme une contrainte. Le matériel de manipulation est souvent cher et dans les petites écoles, on n’a pas forcément les moyens financiers. Voilà, je suis en pleine réflexion sur mes pratiques pédagogiques. J’ai cette année une classe avec des élèves en difficulté et je ne voudrai pas les « abîmer » et leur faire penser que être à l’école c’est une corvée!.. Merci pour vos conseils qui sont toujours judicieux.
    Isabelle

    • Bonjour Isabelle, Je vous remercie pour votre commentaire. Je pense que la chose la plus importante avec les enfants en difficulté, c’est de leur faire toujours ressentir le moindre progrès qu’ils font, c’est de toujours les encourager, essayer de chercher leurs talents (car tout être a toujours un talent) et essayer de s’appuyer dessus pour valoriser ces enfants. Personnellement, je leur montre également qu’ils sont chacun très important et qu’ils ont chacun leur place. Ainsi ils ne perdront pas confiance en eux et en vous et donc dans le monde des adultes. Il faut aussi rassurer les parents car ils sont toujours très inquiets. Leur raconter des histoires d’enfants ayant des difficultés et qui ont fini par réussir leur vie. Le plus important n’est pas la réussite scolaire mais la réussite d’une vie. Ce n’est pas toujours facile, j’en conviens tout à fait mais déjà le fait que vous vous posiez autant de questions prouve que vous êtes une bonne enseignante et que vous donnez du bonheur à tous ces enfants. A bientôt. Sylvie

  2. laurencefournier dit :

    Je partage tout à fait votre avis. J’ai fait les mêmes constats avec les enfants que j’ai pu avoir en stage montessori ! Plus d’un « s’est débloqué » pour reprendre les termes de certains parents…Je suis frappée par la quantité d’enfants soit-disant précoce ou hyperactif…!! Ils sont de plus en plus à être dys quelquechose…Si bien que cela a de moins en moins de sens si ce n’est de mettre en évidence le fossé entre ce que propose l’école et la réalité des besoins des enfants. Cette petite fille a la chance d’avoir des parents à l’écoute et une école formidable ! J’ai vu des enfants changer en 3 jours simplement parce que mon regard et ma confiance en eux leur ont donné des ailes !! des parents qui me disaient « je ne sais pas ce que vous leur faites mais bien que ce soit les vacances, ils sont contents de partir le matin pour venir travailler toute la journée !! » Je n’ai pas de mérite, cette pédagogie est tellement formidable…! Prendre le temps, donner du temps, c’est une des clés !
    Bravo pour votre travail qui permet à bien des enfants de ne pas rester au bord du chemin.
    Laurence Fournier
    http://www.la-mere-poule.blogspot.com

    • Bonsoir Laurence, Je suis totalement d’accord avec vous et c’est vrai qu’un enfant qui se sent bien dans un environnement bien préparé peut se transformer de manière positive en trois jours. Les enfants aiment aller à l’école et cela ne m’étonne pas du tout que même pendant les vacances, ils sont heureux de venir travailler auprès de vous. Vous avez raison : prendre du temps, donner du temps sont des clés mais aussi donner de l’amour aux enfants que nous accompagnons quelque temps. Bravo Laurence et à bientôt. Sylvie

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