Faut-il être malheureux à l’école pour bien apprendre ?

Vous pourrez lire ci-dessous un article paru le 5 février dernier dans le journal « Le Monde ».

Des lycéens heureux !

Des lycéens heureux !

Cet article vante encore une fois tous les mérites de la pédagogie Montessori. Elle permet de développer la confiance en soi de l’enfant et répond à son besoin d’apprendre dès le plus jeune âge et donc le rend heureux d’aller à l’école.

Lecture composer des mots avec l'alphabet mobileC’est ce que je ne cesse de répéter, l’enfant entre 3 et 6 ans a envie d’apprendre à lire, à compter, et dans la classe de maternelle Montessori, il peut le faire. De plus le mélange des âges est extrêmement positif pour le plein épanouissement de chacun. Les plus grands montrent aux plus petits ; ils sont ainsi fiers d’eux-mêmes et les petits voyant ce que font les plus âgés ont envie de faire la même chose.

Montessori lettres rugueuses

Les lettres rugueuses avec les objets.

De plus le matériel si riche mis à la disposition des enfants répond exactement à leur soif d’apprendre et à leur mode d’apprentissage. En effet, les enfants ont besoin de toucher les lettres rugueuses, de manipuler du matériel concret et d’appréhender les concepts d’une manière sensorielle.

Les enfants issus d’une classe de maternelle Montessori, dans leur grande majorité, savent lire, ont une excellente compréhension des grands nombres et des opérations et ceci sans stress et sans les pousser. Il s’agit juste d’être un guide, de bien les observer et de leur présenter le matériel adéquat au bon moment.

Montessori lycéens

La communication.

La fin de l’article illustre le fait qu’il est nécessaire d’être heureux pour bien apprendre et c’est un des axes principaux que je développe au Lycée International Montessori Athéna. Tout est étudié pour que tous les élèves, du plus petit de maternelle au plus grand du lycée, soient heureux de venir à l’école, heureux d’apprendre, heureux de retrouver leurs professeurs et leurs camarades bien sûr. Le bien-être à l’école est pour moi une condition indispensable au bon apprentissage.

C’est la raison pour laquelle, lorsque nous recevons des jeunes qui ne vont pas bien et qui ont une idée négative de l’école et des professeurs, le premier objectif est de leur redonner cette sensation que l’on peut être heureux à l’école. J’exposerai dans un autre article les moyens employés pour atteindre cet objectif.

Montessori bien être

Des jeunes en phobie scolaire.

Il est bien dommage qu’en France, l’Education Nationale n’ait pas encore compris cela et que certains établissements dit « élitistes » continuent à mettre une très forte pression sur les jeunes allant jusqu’à provoquer des phobies scolaires graves. Chaque semaine, je reçois des appels et des visites de parents désespérés car leurs enfants vont très mal. Et ce qui est d’autant plus grave, c’est que certains enfants sont très jeunes. Cela commence maintenant en maternelle.

Toutes les personnes qui visitent le Lycée International Montessori Athéna constatent la joie dans les regards des élèves, leur bien être, leur confiance en eux et leur enthousiasme. Les parents de nos élèves ne cessent de nous dire : « il est tellement bien chez vous, on a tout de suite vu le changement », ou encore : « il demande à venir à l’école pendant les vacances », et ceci même chez les adolescents qui, durant l’été, me proposent de revenir plus tôt pour m’aider.

Sylvie d’Esclaibes

« Faut-il être malheureux à l’école pour bien apprendre ?

LE MONDE | 05.02.2014 à 11h46 • Mis à jour le 05.02.2014 à 17h32 | Par Mattea Battaglia

|
| | Amandine Ciosi

« Fatoumata, je vais te montrer comment on fait le i… » Kamilya, 5 ans, est très à l’aise ce lundi matin de janvier dans son rôle de « petite maîtresse », comme elle dit. L’enseignante de 1,10 mètre, pull rose et barrettes assorties, prend l’index de sa camarade pour l’aider à tracer la voyelle. « Tu montes avec le doigt, tu descends, et tu n’oublies pas le point. »

Pour accompagner leur geste, les deux fillettes se sont aidées d’une « lettre rugueuse » – sorte de carte à jouer sur laquelle est gravé un « i », perceptible au toucher. Un des nombreux outils pédagogiques faisant appel aux sens, conçus il y a près d’un siècle par la médecin italienne Maria Montessori, et que les vingt-quatre élèves de cette classe expérimentale de l’école maternelle Jean-Lurçat, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), peuvent utiliser.

DÉVELOPPER LA SOLIDARITÉ, LA COOPÉRATION ENTRE LES ÂGES

« Ils s’en emparent librement », explique Céline Alvarez, l’enseignante de cette classe pas comme les autres où petite, moyenne et grande sections sont mêlées afin de développer la solidarité, la coopération entre les âges. L’expérience a été lancée dans l’enseignement public il y a trois ans, au coeur de la cité du Luth – classée « zone d’éducation prioritaire » et « plan violence » – pour tester l’« effet » Montessori sur un public qui n’a pas, d’ordinaire, accès à cette pédagogie offerte dans le privé. L’idée est que des enfants défavorisés puissent aussi bénéficier du bonheur d’apprendre !

Yann Algan : « Nous apprenons mieux lorsque nous nous sentons confortés »

« Une seule règle prévaut dans la classe : il faut que je leur aie montré le fonctionnement du matériel avant usage », car ce sont des outils riches, très bien pensés, prévient la trentenaire. Répartis en petits groupes, les enfants « travaillent » en autonomie. Ils choisissent ce qu’ils ont envie d’apprendre lorsqu’ils se sentent prêts, optimisant ainsi les phases naturelles d’apprentissage.

BEAUCOUP D’ÉCLATS DE RIRE

Ce matin-là, Clarisse fait tintinnabuler des clochettes « à la recherche du do », dit-elle. Ryan, revêtu d’un tablier taille 3 ans, prend soin d’une plante verte posée sur un « plateau de vie pratique » – un autre classique de la pédagogie Montessori. Emma et Raphaël, 5 ans, en sont déjà à travailler les homophones. « Disque, car, ski… », dicte le garçonnet à son amie pendant qu’assises sur un tapis, Kenza et Yasmine comptent et recomptent des barrettes de perles, distinguant avec facilité unités, dizaines, centaines, milliers…

Ici, pas d’éclats de voix, mais beaucoup d’éclats de rire que la professeure se garde bien d’étouffer. « Professeure » ? Céline Alvarez, un master de sciences du langage en poche, ne se reconnaît pas vraiment dans la fonction. « Ici, je ne professe pas, je passe le plus clair de mon temps à essayer de guider les enfants vers une activité adaptée à leur besoin individuel du moment, explique-t-elle. Ce sont eux qui font tout le travail. Je suis là en appui, pour répondre à leurs sollicitations, libérer leurs potentialités… »

Son maître mot : ne pas anticiper le désir d’apprendre, mais faire que tout soit prêt au moment précis où l’enfant en éprouve l’envie. Et force est de constater que cette envie s’exprime tôt : les objectifs généralement visés en fin de maternelle – se repérer dans la première dizaine, dans l’alphabet – sont largement dépassés.

« ON A LAISSÉ LIBRE COURS À LEURS FORCES VIVES »

Evalués par une équipe de scientifiques de l’université de Grenoble à l’issue de la première année d’expérimentation, neuf écoliers sur quinze de moyenne section – et même un de petite section – étaient entrés spontanément dans la lecture. C’était le cas de tous les enfants de grande section l’année suivante. « Et leurs compétences ne s’arrêtent pas au lire-compter », insiste Céline Alvarez pour qui « l’entraide, la tolérance, l’empathie, la curiosité, la créativité » sont tout aussi importants.

La jeune femme ne s’attribue aucun mérite dans « l’avance » de sa classe. « Aucun enseignant, aucune méthode, aucun manuel ne serait capable d’amener ces enfants aussi loin. S’ils y arrivent, c’est qu’on a laissé libre cours à leurs forces vives. » Sa démarche, qu’elle relie aux travaux menés par Maria Montessori et, avant celle-ci, par les médecins Jean Itard et Edouard Séguin – « mal connus des enseignants », regrette-t-elle –, est aujourd’hui saluée par des universitaires et chercheurs, et prisée des familles favorisées qui se bousculent aux portes des écoles privées développant cette pédagogie.

Du côté des parents de Gennevilliers, les réticences à expérimenter ont vite été effacées face à des enfants qui prennent de plus en plus d’initiatives, se fixent des challenges que peu d’adultes oseraient leur imposer. Comme Fatoumata qui, à 3 ans, n’est pas si loin du « déclic » qui mène au décodage des lettres. Un immense sourire aux lèvres, la toute petite fille mime le geste d’écrire en murmurant « iiiiiiiiii ».

Son plaisir est manifeste. « C’est la clé », conclut Anna Bisch, qui assiste Céline Alvarez dans sa classe. « S’ils avancent aussi vite à cet âge, c’est qu’ils se font confiance, sont épanouis. » Autrement dit qu’ils ont développé, en sus des compétences scolaires, ces compétences non cognitives si difficiles à évaluer, et dont on sait qu’elles conditionnent la future insertion sociale et professionnelle.

En Finlande, le bien-être de l’élève au coeur de la pédagogie

  • Mattea Battaglia Journaliste au Monde

47% des élèves français estiment que leur développement émotionnel et social fait partie du projet de leur établissement ! Aucun des 65 pays présents dans les résultats 2013 de PISA – ce programme d’évaluation des élèves à 15 ans mené par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – n’obtient un taux aussi faible… Heureusement que les enseignants français compensent en partie ce manque institutionnel et permettent à 71 % des adolescents de déclarer que leurs profs sont «sensibles à leur bien-être». On est bien loin des 86 % de réponses positives des jeunes Américains, mais on avance. Comme l’idée que « l’école donne confiance en soi ». Là encore, la France est tout juste dans la moyenne des pays de l’OCDE, mais les Français sont 77 % à oser cette déclaration aujourd’hui, contre 68 % en 2008.

Il reste un long chemin à parcourir car, compte tenu de ce contexte, les élèves français se déclarent toujours stressés et plus angoissés que les autres jeunes. Ils ont « moins confiance en eux concernant leurs compétences », estime l’OCDE, et font « moins preuve de persévérance pour résoudre des problèmes »… »

Le Monde du 5 février 2014

Publicités
Cet article, publié dans Collège, Dyslexie, dyspraxie, enfants différents, Ecole Athéna Montessori Internationale, Enfants précoces - Phobie scolaire - Inadaptés au système traditionnel, Etude pédagogique, Lycée International Montessori, Maria Montessori, Maternelle, Participez au débat..., Primaire, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Faut-il être malheureux à l’école pour bien apprendre ?

    • Merci pour votre commentaire. Ce que vous faites me semble merveilleux. A bientôt j’espère… J’aimerais beaucoup visiter votre établissement. Sylvie

      • Pr S. Feye dit :

        Moi aussi je vous remercie. N’hésitez pas à venir et à vous installer dans une classe.
        Les enfants sont des êtres joyeux et pleins d’enthousiasme. C’est là une grande partie de la force de la pédagogie. Quant à l’amour du travail pour le travail, il est rare, et parfois même, sauf de rares exceptions, un signe de manque de vie. C’est le résultat et la soif de connaître qui attire les humains. c’est ce moteur-là qui entraîne les habitudes d’étudier, et non l’ennui.

  1. club7 dit :

    Bonjour,

    Je ne peux qu’approuver ce que vous dites. Sur mes 5 enfants, tous sont stressés encore plus deux d’entre eux. Mon fils de 4ème, à l’annonce de trois devoirs communs, a fait une irruption d’eczéma. IL a aussi d’énorme problèmes de mémoires, mais je pense que ceci est accentué par le stress. Depuis la 6ème, en musique, malgré qu’il passe beaucoup de temps à apprendre ses leçons, ses interros étaient catastrophiques. Le prof disait qu’il n’apprenait pas, vois se moquer de lui (il a cessé dès que je lui ai fait la remarque). Au premier trimestre de cette année, toujours pareil, il a appris ses leçons. Arrivés en cours, le prof est allé le voir et lui a dit « tu fais ce que tu peux, je me débrouillerai avec pour t’ évaluer ». Cela lui a donné confiance, il a même trouvé le prof sympa, et il est revenu avec un 12. Il était super content. C’est cette expérience qui m’a fait le déclic.
    JE confirme aussi qu’à cause du stress que l’éducation nationale provoque chez les enfants, il démissionne, voir abandonne leur rêve et l’envie d’aller au lycée. C’est le cas de mon garçon.
    Si une fois pour toute, l’éducation nationale pouvait avoir un peu d’humilité et reconnaitre que leur façon de faire est nulle ainsi que leur programme. Il faudrait même tout effacer et en refaire un autre vraiment basé sur les pays nordiques. Et dire que le Canada admire la France sur leur apprentissage scolaire. C’est ma soeur qui me l’a dit lorsque sa fille est rentrée à l’école.
    MErci encore
    bonne journée

    • Bonjour, Je suis totalement d’accord avec vous. Le stress peut totalement paralyser un élève et il n’obtient alors absolument pas les résultats qu’il mérite. C’est la raison pour laquelle développer la confiance en soi et en l’adulte peut, en revanche, donner des résultats extraordinaires. Un jeune qui sent que ses parents ainsi que les enseignants croient en lui peut être totalement transformé positivement et se mettre à bien réussir. Il faut surtout beaucoup encourager vos enfants et croire en eux et vous verrez, ils réussiront. C’est vrai que notre Education Nationale devrait tout effacer et recommencer en s’inspirant de ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord. Je vous souhaite bon courage et vous remercie de me lire. A bientôt. Sylvie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s