~ Dyslexie ou comment une faiblesse devient une force.

« Considérer l’école comme l’endroit où l’on débite l’instruction, c’est un point de vue, mais considérer l’école comme une préparation à la vie, c’en est un autre, et dans ce dernier cas, l’école doit satisfaire à tous les besoins de la vie. Une éducation qui consiste à corriger l’enfant, ou à lui faire accepter la suppression de ce qui constitue véritablement son existence, est une éducation qui pousse l’enfant vers une anomalie. »

Maria Montessori : « De l’enfant à l’Adolescent » (Ed. Desclée de Brouwer, Paris 1958)

L’enfant dyslexique ou quand une difficulté peut devenir une force.

Sean est un enfant bilingue (car sa mère est anglaise et son père français) très sensible, émotif et avec une grande volonté. A quatre ans, lorsqu’il commence à apprendre à lire, il rencontre de grandes difficultés : il n’arrive pas à retenir les lettres. Pour lui, il n’est pas du tout évident qu’un son corresponde à une lettre.

Einstein, le plus célèbre des dyslexiques

Sa mère, inquiète, va voir une orthophoniste qui détecte une dyslexie : Sean aura donc beaucoup de mal à apprendre à lire et à écrire. L’orthophoniste conseille même vivement à sa mère d’arrêter de lui parler anglais car deux langues peuvent rajouter des confusions supplémentaires et mettre l’enfant en échec total.

Lors d’un rendez-vous avec moi, la maman de Sean me fait part très tristement du diagnostic de l’orthophoniste. Je lui conseille de continuer à lui parler anglais car il est très important qu’une maman parle sa langue maternelle avec ses enfants pour, au-delà du sens des mots, leur transmettre ses sentiments et ses émotions.

Un enfant en difficulté ne doit pas passer à côté de l’avantage de parler deux langues couramment.

Sa mère décide donc de continuer à lui parler anglais et, dès la maternelle, Sean suit un enseignement bilingue à Vive l’Enfance (matin en français et après-midi en anglais). Chaque après-midi, je le prends en individuel pour des cours supplémentaires afin de l’aider à apprendre à lire. Ce n’est pas facile pour lui, mais il y met tellement de bonne volonté et de courage qu’il progresse toujours.

Le plus important est de permettre à l’enfant de toujours progresser dans ses acquisitions. Même si les progrès sont lents, le principal est de toujours avancer.

L’important est de toujours avancer

Il faut donc mettre tout en œuvre pour que l’enfant ait cette sensation de progrès continuel.

Au bout de 2 ans, Sean finit tant bien que mal par savoir à peu près lire. L’écrit n’est pas facile non plus mais il est toujours très encouragé par ses professeurs qui l’entourent en créant un climat d’aide et de confiance. Il reconnait que c’est plus difficile pour lui que pour d’autres mais je lui explique toujours qu’avec cette difficulté, il développe des qualités exceptionnelles qui le rendront plus fort.

La méthode du Docteur Tomatis

En effet, pour y arriver, il doit travailler beaucoup plus que les autres, passer plus de temps sur ses devoirs, se concentrer davantage et faire toujours preuve d’une grande volonté. Et surtout ne jamais se décourager. De nombreuses fois, tout au long de sa scolarité, il a été nécessaire que j’aie avec lui de longs entretiens pour le rassurer sur ses grandes capacités.

Plus les années passent et plus il devient bon élève. Tous ses efforts portent leurs fruits.
Grace au sport, discipline dans laquelle il s’investit pleinement, il devient un être vraiment complet et très compétent. A chaque trimestre, les professeurs ne tarissent pas d’éloges quant à son comportement exemplaire et à la qualité de son travail.

La méthode Ron Davis. Une autre méthode de rééducation de la dyslexie.

Même si on se rend compte qu’il a encore des faiblesses dans certaines matières, les encouragements lui permettent de tenir et d’évoluer. Il réussit tous les examens d’anglais de Cambridge qu’il présente.

En 1ère, aux épreuves anticipées , il obtient la note de 16 à l’écrit de français, 10 à l’oral de français, 20 en TPE et de 16 en sciences et vie de la terre.

La presse gratuite, un sujet de TPE

En terminale, il travaille énormément mais ce n’est pas un problème pour lui car il a toujours été dans l’obligation de fournir plus d’efforts que les autres pour y arriver.

« Il n’est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage » . Periclès.

Donc, contrairement à ceux qui n’ont pas été habitués à faire des efforts importants, lui y arrive sans problème. Et c’est maintenant Sean qui fait la différence mais de manière positive. Il obtient de meilleures notes dans la majorité des bacs blancs et malgré les difficultés qu’il a pu rencontrer à l’écrit dans sa scolarité, il pense s’orienter vers Sciences Pô. Plusieurs professeurs ayant fait cette formation pensent qu’il en est tout à fait capable. En histoire-géographie, et en économie, il rédige de tellement beaux devoirs que ceux-ci sont cités en exemple.

Ainsi, lors des épreuves du baccalauréat en terminale, il domine tous les élèves de sa classe. Il obtient une mention bien au baccalauréat ES avec 15,6 de moyenne et des notes extraordinaires dans toutes les matières (notamment 18 en histoire pour une dissertation).

« Ne jamais se décourager »

Il n’a laissé aucune matière de côté, puisqu’il a obtenu aussi 18 en sport après s’être entraîné plusieurs fois par semaine en natation et en tennis de table.
En effet, lorsqu’on a été capable d’aiguiser sa volonté depuis le plus jeune âge sans jamais se décourager, cette volonté est là pour toujours et partout. Et c’est ainsi que Sean est devenu de loin le meilleur de sa classe dans toutes les matières alors qu’au départ plusieurs de ses camarades de terminale obtenaient des résultats bien supérieurs aux siens.

La conclusion de tout cela est que malgré une grande difficulté, à condition d’être soutenu individuellement et encouragé (attention au découragement…), un enfant avec un handicap peut développer des qualités exceptionnelles.

« Le plus puissant de tous les leviers, c’est la volonté » . Lammenais.

Prochaine étape, le diplôme d’avocat

Sean aura découvert des facultés en lui qu’il n’aurait pu soupçonner si on l’avait persuadé de son incapacité. Il se réalise et s’accomplit totalement dans son travail dans lequel il puise toute l’énergie dont il a besoin pour se dépasser.

Il vient d’obtenir en juin 2011 sa licence de droit avec mention assez bien et une moyenne de 12,8.

Sylvie d’E.

Cet article, publié dans Dyslexie, dyspraxie, enfants différents, Ecole Athéna Montessori Internationale, Enfants précoces - Phobie scolaire - Inadaptés au système traditionnel, Etude pédagogique, Maria Montessori, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour ~ Dyslexie ou comment une faiblesse devient une force.

  1. Ping : Dyslexie, cet enfant qui ne lit pas – Au bonheur d'apprendre

  2. Le Frapper dit :

    Bonsoir,

    Je viens de découvrir votre projet de lycée pour la rentrée 2012 et tous ces témoignages qui me laissent penser que j’ai peut-être trouver une nouvelle perspective pour la poursuite des études de ma fille; j’ai hâte de vous rencontrer lors des journées portes ouvertes!
    Je vais me diriger vers les bras de Morphée avec apaisement. Merci.

    Véronique Le Frapper, maman de Solène, curieuse, généreuse et déçue par l’absence de prise en compte de sa dyslexie au collège…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s